Société pour la Sauvegarde du Patrimoine de Pointe-Claire

Accueil | À propos de nous | Pointe-Claire | Projets | Réalisations | Photos
Activités | Votre implication | Revue de presse | Communications | Nous contacter | Liens intéressants


Pointe-Claire

Un peu d'histoire

En 1663, les Sulpiciens se voient accorder les droits seigneuriaux sur l'ensemble de l'île de Montréal. C'est que l'aventure en Nouvelle-France ne s'inscrivait pas seulement dans une logique économique mais était doublée d'une mission évangélique. En effet, la conversion des peuplades autochtones demeure une considération importante pour les gouvernements français tout au long de l'épisode de la Nouvelle-France. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les ordres religieux, qu'ils soient féminins ou masculins, ont tenu un rôle si considérable dans la colonie.

Pourtant, cette tâche qui leur est confiée doit s'articuler selon un cadre juridique et administratif tout droit importé de France. Le régime seigneurial, lui-même largement fondé sur la Coutume de Paris devait régler la vie en société et déterminer dans une large mesure les rapports sociaux entre colons, seigneurs, ecclésiastiques et administrateurs. La seigneurie était une unité économique, politique et même judiciaire à la tête de laquelle se trouvait un seigneur. Ce dernier devait, selon les attentes de la métropole (Paris), favoriser l'essor de la colonie en permettant à des colons de s'établir sur les terres qui lui appartenaient. Théoriquement, le seigneur était tenu de fournir au colon une terre et de mettre à sa disposition un moulin à blé.

Dans le régime seigneurial, l'habitant est tenu d'utiliser le moulin que le seigneur mettait à sa disposition, c'est le droit de banalité du seigneur, droit qui lui est conféré par le roi lors de l'obtention de sa seigneurie; ce moulin est alors appelé, le moulin banal.

Rapportons-nous au début de l'activité économique à Pointe-Claire, c'est-à-dire à l'apparition du moulin banal. Dollier de Casson, le supérieur du séminaire des Sulpiciens, se réserve en 1698 la Pointe qu'il considère alors comme un site idéal pour l'édification d'un moulin fortifié. Car il ne faut pas oublier que la région de Montréal est aux prises depuis la seconde moitié du XVIIe siècle avec des raids perpétrés par des Iroquois. Ceux-ci voient d'un mauvais il l'établissement de colons sur leur territoire et c'est leur mode de vie en définitive qui s'en trouve bouleversé. Qui plus est, ils sont alliés aux Anglais et sont en opération dans la région de la Nouvelle-Angleterre. Cette lucrative collaboration ne peut durer qu'à condition que les Iroquois contrôlent les principales routes commerciales. La terreur ressentie par les habitants de la colonie se dégage des nombreuses descriptions de l'époque où il est question des murs barbares des tribus amérindiennes.

En effet, la paix fragile que le gouverneur Courcelles et l'intendant Talon avaient réussi à conclure avec les cinq nations iroquoises, en 1667, menace de s'effriter sous le poids des maladresses du gouverneur LaBarre. Son successeur, Denonville, et l'intendant Champigny contribuent à nourrir encore davantage le ressentiment des iroquois en s'emparant de 80 Onontagués, en 1687, et en envoyant 40 d'entre eux en France comme galériens. D'ailleurs, en 1687, sept français sont tués lors d'un raid iroquois à la baie d'Urfé. Deux ans plus tard commença la guerre de la ligue d'Augsbourg entre la France et l'Angleterre. Les Iroquois, alliés des Anglais, opèrent alors à Lachine un autre raid demeuré célèbre (la côte de Pointe-Claire fait partie des territoires touchés par le massacre) dans lequel des colons perdent la vie tandis que d'autres sont capturés et emmenés en captivité. Pierre Maupetit dit le Poitevin un habitant de Pointe-Claire (lot terrier 124, aujourd'hui boulevard Saint-Charles) figure d'ailleurs parmi les victimes confirmées.