Société pour la Sauvegarde du Patrimoine de Pointe-Claire

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Pointe-Claire

Le presbytère

Avec comme vocation principale le logement du curé, le presbytère Saint-Joachim a toujours connu l'emplacement actuel. Plus chanceux que le lieu de culte dont il est indissociable, il n'a eu qu'un seul ancêtre. Même si le presbytère ici présent ne date que de 1848 - du moins en partie - il s'y trouvait en effet depuis 1705 un autre construit en pierre et qui a servi à célébrer des mariages avant la construction de la toute première église de Pointe-Claire (1713). En outre, il était accompagné d'une écurie et d'une remise de même que de bâtiments de bois.

Détruit en 1848 pour être aussitôt remplacé par un modèle davantage spacieux et fonctionnel, le presbytère a connu plus d'une modification au cours de son existence. Dans les témoignages photographiques d'époque, il se présente sous les traits d'une maison québécoise en pierre d'inspiration néoclassique avec galerie protégée d'un larmier débordant. Au début des années 1890, l'édifice présente des signes de détérioration; il semble que la toiture laisse pénétrer l'eau et que l'intérieur du bâtiment est froid. Par manque de moyens, on se contente de réparer les problèmes les plus criants. Pourtant, la Fabrique nourrit des ambitions plus grandes : le presbytère devrait être surélevé d'un étage et l'intérieur, entièrement refait à neuf.

Il faut attendre 1912 pour qu'un architecte soit officiellement mandaté pour réaliser les importants travaux qui donneront au presbytère de Pointe-Claire l'allure qu'il présente de nos jours. M. Théodose Daoust élabore donc les plans du nouveau presbytère. Autre temps, autres murs : l'étage ajouté est d'inspiration Second-Empire. Des mansardes sont ajoutées tandis que les lucarnes sont surmontées d'ornementations pyramidales. Les nombreux ajouts et modifications pratiqués sur le presbytère lui confèrent un aspect éclectique, l'ensemble ayant l'allure d'un petit château. Malgré tout, l'ensemble conserve une certaine harmonie renforcée par un souci de symétrie, héritage du bâtiment d'origine de 1848. Les travaux de réfection entrepris en 1954 feront disparaître les moulurations de la corniche, la clôture de fonte de la terrasse faîtière et d'autres éléments du décor mais l'essentiel de l'architecture a survécu à l'usure du temps.

Contexte dans l'histoire de l'architecture québécoise

Dans l'architecture religieuse de l'époque le presbytère n'a pas de modèle particulier c'est plutôt une grande résidence qui suit les canons de l'architecture à la mode. Celui de 1848 s'inspire du modèle québécois : murs de pierres jointes entre elles par du mortier, un perron-galerie et un toit à larmier à deux versants de bardeaux de cèdre, percé par quatre lucarnes. L'ensemble de la propriété est ceinturé par une clôture de bois.

La facture architecturale de la nouvelle maison curiale conçue par Théodose Daoust en 1913 est des plus extravagante. Inspirée des résidences de style Second Empire, l'architecte l'a gratifiée de détails architecturaux inusités pour ce genre d'édifice et principalement dans les détails apportés lors de l'ajout du deuxième étage : le recouvrement de tuiles d'ardoises des parois et le toit à la mansart qu'il a doté de lucarnes pendantes.

Caractéristiques du presbytère Saint-Joachim

Corps de maçonnerie ravalé

Le corps de maçonnerie de l'édifice de 1848 a été conservé. Cependant, on lui a fait subir un ravalement (pose d'un enduit de ciment) des parois latérales - pierre brutes - pour uniformiser les textures à celles de la façade en pierre de tailles.

Une galerie enveloppante

À la galerie de façade de l'édifice de 1848, Théodose Daoust substitue une galerie à colonnes à chapiteaux ioniques ceinturant l'édifice sur trois côtés.

Un étage supérieur significatif

L'essentiel du remodelage du presbytère de 1848 se retrouve par l'ajout d'un étage et d'une nouvelle mansarde. Au centre de la façade principale l'architecte a créé un balcon surmonté d'un toit pyramidal que domine un fleuron. Les parois de ce nouvel étage sont recouverts d'ardoises et la corniche de la mansarde portait à l'origine une série de moulures, modillons et denticules.

Mansarde à trois ressauts

À l'instar des édifices inspirés du style Second Empire, le toit du presbytère remodelé caractérise l'édifice : une mansarde à terrasse faîtière - dont la clôture ornementale a disparu - à trois ressauts sur le côté est (la mansarde subit trois décrochements en suivant le plan du mur). Le brisis de la mansarde est recouvert d'ardoises.

Lucarnes pyramidales

La mansarde est percée de lucarnes pyramidales couronnées d'un pinacle prolongé d'un épi de faîtage - à l'origine un fleuron - comme dans l'architecture des châteaux français.

Une maison curiale originale

Le presbytère Saint-Joachim représente un témoignage unique d'évolution d'un bâtiment issu de l'architecture traditionnelle québécoise en une maison curiale des plus éclectique. Remodelé par Théodose Daoust en 1913, le mélange des styles Second Empire et Château en fait une des maisons curiales les plus originales de l'île de Montréal.